
« Nous avons dit, à l’article de Jean III, que le
couvent de Mailly avait été, comme celui de Pierrepont, fondé vers 1485, avec
la permission de Julien d’Ostie, évêque de Sabine, légat, et porteur des
lettres de permission du Saint Siége. Quant à celui de Bouillencourt, comme il
n’y avait eu, à son endroit, qu’une autorisation de vive voix du même légat, le
sire de Mailly, désirant s’acquitter de ses obligations, et voulant tout
régulariser, sollicita et obtint une bulle d’Alexandre VI, du mois de mai 1499,
adressée aux Officiaux des églises d’Amiens et de Rouen. Cette bulle n’est donc
pas spéciale au couvent de Mailly. Quoi qu’il en soit, nous serions heureux de
pouvoir en donner le texte en latin, mais il a disparu depuis longtemps des
archives de la baronnie, où nous avons trouvé une vieille traduction déjà
publiée par M. De Cagny, et que nous devons devoir reproduire.
« Alexandre, évêque,
serviteur des serviteurs de Dieu, à nos très chers fils Pierre de Collerego,
chanoine de l’église d’Auch, aux officiaux des églises d’Amiens et de Rouen,
etc.
L’amour de la divine Religion qui engage nos très chers
fils de l’étroite observance de Saint-François à rendre au Tout Puissant le
culte et l’hommage qui luy sont dus, demande, autant que Dieu nous le permet,
que nous les traitions favorablement, eux qui, par leur dévotion et leurs
prières, ne tendent qu’à augmenter le culte divin et à procurer le salut des
âmes. C’est aussi ce que contient la demande qui nous a été faite dernièrement
par nostre très cher fils Jean, baron de Mailly, seigneur temporel du lieu
appelé le bourg de Mailly, dans le diocèse d’Amiens, qui, pour satisfaire au
zèle dont il était enflammé, à sa bienveillance pour ledit ordre de
Saint-François, à la volonté et aux dispositions de ses pères dont il était
chargé, fit construire, des biens que le ciel lui a accordés, dans le bourg cy
devant nommé, dans un lieu convenable et honnête, avec la permission spéciale
de notre vénérable frère Julien d’Ostie, évêque de Sabine, et légat en ce pays,
porteur des de permission de Saint-Siége, une maison et les demeures
nécessaires pour l’usage de l’habitation de quelques frères de l’ordre
ci-dessus nommé. De plus, conduit par le même zèle, et avec la permission
donnée de vive voix dudit Julien, évêque et légat, il commença à faire bastir
une autre maison, aux mêmes usages, pour les susdits frères, dans un lieu nommé
Boulencourt. Mais, ajoute la même demande, comme il n’y a aucune preuve par
écrit de la dernière permission et licence accordée, et que ledit Jean ;
baron de Mailly, désire de s’acquitter de ses obligations et faire ^parvenir à
sa fin ladite maison, si le Saint-Siége vouloit luy accorder à cet effet ses
suffrages, nous fûmes supplié humblement, de la part dudit Jean de Mailly, de
luy accorder la permission de faire achever et construire ladite maison avec
une église, un clocher, une cloche, un dortoir, un réfectoire, cour et jardin,
et d’autres habitations, pour l’usage et la demeure de quelques frères dudit
ordre régulier de l’étroite observance qui doivent estre soumis au custode de
la Province de France ou à son vicaire immédiatement.
Nous donc, désirant ardemment que
la Religion et le culte divin soient en vigueur et augmentent sous notre
Pontificat, déclarons par ces présentes et de notre autorité ledit Jean de
Mailly absous de toute excommunication, suspense, interdit, sentences,
censures, ou peines ecclésiastiques portées de droit ou par qui que ce soit, si
il en est frappé, à l’effet seulement des présentes ; voulons que vous
deux ou l’un de vous accordiez, de
notre autorité, audit Jean de Mailly, la permission d’achever, bâtir et
construire la maison susdite avec une église, un clocher, une cloche, un
dortoir, un réfectoire et autres demeures nécessaires à l’usage de quelques
frères de l’étroite observance de Saint-François qui doivent être soumis au
custode de la Province de France ou à son vicaire immédiatement.
Accordons
auxdits Frères de recevoir et de toujours occuper ladite maison. Dès que vous
aurez donné cette permission, nous accordons par ces présentes, et par
l’autorité du Saint-Siége, à cette
maison et aux frères qui y demeureront, tous chaque privilèges, prérogatives,
exemptions, immunités, grâces, indulgences, faveurs, indults, et qu’ils
jouissent paisiblement et librement des droits accordés ou qui le seront par la
suite par quelqu’autorité, sous quelque forme et expression que ce soit, sauf
cependant en tout le droit de l’église paroissiale et de toute autre,
nonobstant la défense de notre prédécesseur, Boniface Huitiesme, d’heureuse
mémoire, par laquelle, entre autres prohibitions, il est défendu à tous
religieux mendiants, de quelqu’ordre que ce soit, de recevoir dans aucun
village ou autres lieux aucune habitation, sans une permission expresse du
Saint-Siége qui fasse mention mot à mot de ladite défense, nonobstant aussi
toute constitution, règlement apostolique, statuts et coutume dudit ordre reçus
par serment et revêtus des meilleures formes.
Donné à Rome, dans le palais de
Saint Pierre, l’an de l’Incarnation de notre Seigneur mil quatre cent quatre
vingt-dix-neuf, au mois de may ; et la septiesme année de notre
Pontificat. »
La maison donnée comme résidence aux Cordeliers de Mailly
vers 1485 ne fut appropriée à sa nouvelle destination que dans le cours des
années suivantes. Les comptes de 1488 font foi qu’on fit en 1487 à la chapelle,
à la sacristie, et même à la maison des considérables.
Cette chapelle, élevée sous l’invocation de sainte Marie
de Pitié, à la partie nord du couvent, avait, comme on pouvait le voir encore
au commencement de ce siècle, le chœur tourné vers l’orient, et s’étendait
perpendiculairement au corps de logis auquel elle se trouvait reliée par la
sacristie dans sa partie basse, et dans sa partie haute par une espèce
d’infirmerie d’où, au moyen d’une fenêtre intérieure, les religieux malades
pouvaient entendre la messe.
M. Félix d’Hézecques pense que la chapelle que l’on voyait
à l’époque de la Révolution, et qui a été démolie par l’acquéreur du couvent,
n’était qu’une partie de l’église primitive. Voici comment il s’exprime dans
ses Mémoires particuliers : « L’église, telle que je l’ai vue,
paraissait n’avoir été que le chœur d’une autre plus considérable. On le voit
par l’ancien caveau où la maison de Mailly avait sa sépulture avant l’érection
de la chapelle. Il est dans le cimetière, en face de la porte de l’église, dans
l’angle que formait le pignon avec la petite porte du couvent. La tradition
seule le dit, car on ne voit aucun vestige de son entrée. Il y a une douzaine
d’années, un ouvrier, creusant la fosse de l’enfant d’un nommé Zéphyr
Candellier, serrurier, découvrit un trou aboutissant à ce caveau ; mais,
très effrayé, au lieu d’en prévenir, il se hâta de reboucher cette ouverture
par où il croyait voir s’élancer tous les habitants des régions ténébreuses de
la mort. » On a vu plus haut que ce caveau avait été retrouvé il y a
quelques années, et que M. le comte d’Hézecques en avait retirer trois
cercueils en plomb qui ont été déposé dans la chapelle castrale. ( Une ancienne
tradition voulait qu’il existât dans ce couvent un autre caveau où, dans les
temps de troubles, on avait déposé les cloches, l’argenterie et les papiers du
monastère. Soit que le possesseur du secret fût mort sans le communiquer, on
n’a jamais rien découvert. On sent, dit M. Félix d’Hézecques, qui rapporte ce
bruit populaire, qu’autant vaudrait chercher la pierre philosophale que, sur
d’aussi faibles indices, bouleverser un bâtiment encore considérable.)
Quant à l’opinion de M. d’Hézecques sur les dimensions
primitives de l’ancienne église des Cordeliers, il n’est pas facile de dire
aujourd’hui jusqu’à quel point elle était fondée. Mais si on juge par le nombre
de croisées accusées dans les comptes de 1488, on trouvera peut-être que cet
édifice a dû avoir une certaine importance. On parle, en effet, « de trois
verrières vers les cloistres, des deux
grandes du chœur, et de celle qui respond sur les chapelles. »
En ce qui concerne l’habitation des religieux, il est
fort probable qu’elle était, à cette époque déjà, en maçonnerie de pierre,
comme la porte d’entrée et les granges que nous avons encore connues et dont M.
Duthoit nous a donné un croquis dans la notice de M. Dusevel. En effet, dans
les comptes que nous avons cités il est parlé d’une quantité de pierres
dépassant 1 100 pieds fournie en 1486 et 1487 par un nommé Mahieu,
« caretier à Souastre » ; d’une autre de 4 300 carreaux
provenant des carrières de Bayencourt, sans compter ce qu’on avait pu extraire
de celles de Mailly pendant 32 jours d’ouvriers. La plupart de ces matériaux
servirent « aux formoiries des verrières (ceintures des croisées ?),
au revestiaire, au chappellier, et à deux pignons, c’est assavoir celui de la
chapelle de Monseigneur et celui de l’église. » Tous les corps d’état
furent mis en réquisition pendant ces deux années pour rendre la maison digne
de ses nouveaux hôtes et de ses pieux fondateurs. « Machons, couvreurs
d’ardoie et d’esteulle, plomiers (plombiers), cartons (charretiers), soyeurs
d’ays, hecqueurs de cauch », tous ces ouvriers sont portés comme partie
prenante dans lesdits comptes pour une sommes de 198 livres, non compris
certains salaires directement payés par Monseigneur, « et une vaque vendue
au machon » et pour laquelle il fut déduit sur son mémoire 72 sous.
Nous ne parlerons pas des désastres qui vinrent fondre à
différentes époques sur cette communauté ; nous en avons dit un mot en
parcourant l’histoire du village ; qu’il nous suffise de constater
qu’après chaque dévastation les religieux trouvèrent, dans les descendants de
Jean de Mailly, un noble et généreux concours qui les aida constamment à se
relever de leurs ruines.
Les seigneurs ne furent pas les seuls à s’intéresser à la
maison des PP. Cordeliers. Plusieurs habitants du village, trop éloignés du
cimetière de Saint-Léger, choisirent bientôt une partie de l’enclos du couvent,
voisine de l’église, pour lieu de leur sépulture. Il s’en trouva même qui, pour
avoir une part plus grande dans les prières des religieux, leur laissèrent
quelques parcelles de terre à la charge de certaines fondations. De ce nombre
fut Pierre Régnault, procureur fiscal de la baronnie, qui, par testament du 16
juin 1640, leur légua deux journaux et demi de terre sis au terroir de Mailly.
Malgré ce legs dont il avait obtenu la saisine le 3 novembre 1648, et qui ne
fut sans doute pas le seul qui lui ait été fait pendant les trois siècles de
son existence, le couvent de Mailly ne figure point au pouillé de 1736, sans
doute, dit M. Darsy, parce que les religieux n’avaient plus aucuns biens.
Un accord passé entre les Cordeliers et le marquis de
Mailly pour le desserte de la nouvelle chapelle en 1753, accord dont nous
donnerons plus loin le texte, et un autre passé entre les mêmes religieux et
l’exécuteur testamentaire Mme de Gouffier, eurent pour effet de mettre le
couvent en possession de deux nouvelles rentes annuelles assez importantes qui
furent payées jusqu’à la Révolution.
Cette maison reléguée à l’extrémité d’un village, dans un
pays calme et retiré, habitée par des hommes forcés de présenter souvent pour
trouver, dans l’exercice du ministre et de la prédication, une ressource contre
la pauvreté et le gêne, dut voir sa discipline se relâcher d’autant plus qu’il
était devenu, par la suite des temps, un lieu pour les sujets insoumis de
l’ordre. En 1720, le Père Bernardin-Eloi Driancourt, né à Bovent, et docteur de
Péronne, entreprit de le renforcer. Scrupuleux observateur à la Constitution de
son saint Patriarche, il avait eu la pensée de rassembler en quelque endroit
une demi-douzaine de confrères qui partageassent ses vues et ses désirs de
perfection ; et il avait une prédilection marquée. « Il régal, dit le
chanoine de Sachy, qu’aucun religieux n’y posséderait absolument rien en
propre ; que tous iraient pieds-nus, couverts seulement de sandales, etc.
La ferveur s’est perpétuée jusqu’aujourd’hui dans cette communauté composée de
huit profès… »
Nous ferons observer que le nombre des religieux indiqué
par le chanoine de Saint-Léger est inexact, car depuis le commencement du
siècle dernier la maison n’a guère accepté plus de cinq religieux et quatre ou
cinq frères occupés aux offices inférieurs de la communauté.
Quant à la ferveur que le P. Driancourt y avait remise à
l’honneur, elle n’empêcha point que, en 1778, ce couvent ne fût le théâtre d’un
de ces crimes qui font d’autant plus d’impression sur l’esprit des peuples
qu’ils sont plus rares dans ces asiles consacrés à la piété et aux vertus
monastiques. Le Gardien y fut assassiné par un de ses frères.
L’assassin était un sous-diacre natif de Valenciennes, et
s’appelait Paul-Joseph Biot. La victime, le P. Léonard Colard, était un homme
très brave, qui, avant de se vouer à l’état religieux, s’était distingué dans
les armes et en avait eu une jambe cassée à la bataille de Fontenoy. Il était
animé de si bonnes dispositions à l’égard de ce frère qu’il voulait faire
promouvoir aux ordres, que lui seul ne voyait pas tous les vices et tous les
mauvais penchants qui l’entraînaient au mal.
Une nuit donc, la nuit du 6 au 7 juillet, le frère Biot
s’introduisit dans la cave par un soupirail, pour satisfaire son intempérance.
Il s’était fait aider et accompagner par un domestique de la maison nommé
Desmasures, et natif d’Auchonvillers. Il paraît que ce n’était pas la première
fois que des vols semblables avaient eu lieu dans l’établissement ; le
Gardien en avait été prévenu, mais les coupables étaient restés inconnus. Cette
fois, un religieux avait entendu du bruit, s’était levé et avait vu le frère à
l’œuvre. Courir avertir son supérieur, et revenir avec lui fut l’affaire d’un
instant. Le P. Gardien vit donc les coupables à travers le soupirail ;
mais, ne voulant pas se contenter d’un soupçon, et désirant s’assurer de plus
près de leur identité, il descendit lui-même dans la cave, accompagné du
religieux. A la vue du Gardien, le domestique s’était esquivé. Mais le frère
Biot, qui était très grand et d’une force athlétique, irrité des reproches de
son supérieur, et échauffé par la trop copieuse libations, saisit une bûche et
se mit à la poursuite des religieux. Le compagnon du Gardien, fort leste,
remonta l’escalier et se précipita dans une salle voisine. Mais le P. Colart,
gêné par sa jambe malade, fut atteint à la porte de cette même salle, et
assommé par le frère, Biot, seul, en face de sa victime, fut quelque temps
indécis sur ce qu’il ferait du cadavre. Il eut d’abord l’idée de l’enterrer, et
le traîna jusqu’au bout du verger. A la fin, il changea de dessein, et le
rapporta dans sa cellule, lui ôta ses vêtements ensanglantés, le rhabilla et le
remit dans son lit. Après cette besogne, il se retira lui même dans sa chambre
et se coucha ; mais ce ne fut pas sans avoir auparavant dévalisé l’appartement
du supérieur, et enlevé 29 louis en or et 10 écus en argent blanc qui formaient
toute la réserve de la communauté. Au point du jour, l’autre Père, qui avait
épié tous les mouvements de l’assassin, sans sortir de son refuge, n’entendant
plus aucun bruit, sauta par la fenêtre, et alla prévenir la justice de la
seigneurie du meurtre dont il avait été témoin. Les gardes de bois, s’étant
transportés au couvent, trouvèrent le frère Biot dans son lit, et encore
couvert du sang du supérieur.
Il fut condamné d’abord au Bailliage de Péronne, le 24
août 1779, à être roué vif. Quant à Desmasures, il avait été sursis à faire
droit à l’accusation pareillement intentée contre lui jusqu’après l’exécution
du jugement de Biot qui devait avoir lieu à Péronne. Sur l’appel des parties et
celui du Procureur général du roi appelant à minimâ, il intervint, le 6
octobre, un arrêt du Parlement qui confirma la première sentence, avec une
différence que l’exécution devait se faire à Mailly, et que le frère Biot
serait préalablement appliqué à la question ordinaire et extraordinaire pour
faire connaître ses complices. Les deux prisonniers furent donc ramenés des
prisons de la Conciergerie du Palais à Mailly ; et le 14 octobre, le frère
Biot y subit son horrible supplice, avec tous les détails portés en l’arrêt,
sur la place publique, derrière les granges du château, après avoir avoué son
crime et disculpé Desmasures. Il avait au reste, témoigné de son action le plus
grand regret, et sa résignation fut égale au courage avec lequel il souffrit
cette affreuse mort.
Vendu en 1792, le couvent de Mailly fut acheté par
Delaunay. Il fut quelque temps laissé dans un abandon complet. Les cloîtres,
dont les belles arcades occupent encore la partie centrale du rez-de-chaussée,
du côté des jardins, étaient en ruines ; le reste des bâtiments menaçait
de s’écrouler ; les murs de l’église seuls restaient debout. Enfin, cette
dernière fut démolie, et des restaurations importantes ayant été faites au
corps du logis, c’est aujourd’hui une maison de campagne assez confortable.
L’église des Cordeliers renfermait un certain nombre de
tombeaux et sépultures. La plupart des épitaphes étaient gravées dans des
carreaux en pierre dure qui ne contrastaient aucunement avec le pavé. Nous en
avons retrouvé deux dont l’une est aujourd’hui placée dans le chœur de l’église
paroissiale, où le visiteur doit être assez étonné de la rencontrer. Les
caractères sont gravés de côté à côté de la pierre, et on y lit :
« Ici repose le corps de Vénérable Père Pacifique Blangrenon, ancien
Gardien et restaurateur du couvent de Mailly. Qui plein de vertus est décédée
le 13 juillet 1764, âgé de 85 ans. Requiescat in pace. Amen »
Ce Gardien mort, en odeur de sainteté, et enterré près de
l’autel, du côté de l’Evangile, a laissé dans la mémoire des habitants de
Mailly un souvenir de Pitié qui ne s ‘est point encore effacé ; et on
pense que si la Révolution n’avait pas dispersé les religieux, on était prêt à
demander à Rome l’introduction de la cause de sa béatification. On raconte de
son amour pour la règle et la discipline des exemples nombreux ; il fit
rebénir plusieurs fois les cloîtres de sa maison, parce que, par ignorance de
la défense ou par curiosité, une femme avait franchi le seuil .
La seconde inscription, qui est gravée d’angle à angle,
c’est à dire en losange, est ainsi conçue : « D.O.M Hic jacet
reverus P. Ant. Mart. Raincheval qui hancce domum multos per annos rxit, ac
fere integram reoedificavit. Obiit die 24 Julli anno Domini 1780, œtatis suoe
70. Requiescat
in pace. »
Les restes mortels de ces deux vénérables cordeliers ne
furent pas mieux traités, il y a une quinzaine d’années, que ceux des habitants
enterrés dans le cimetière voisin ; tous les ossements qu’on retira de
cette terre sainte furent grossièrement rejetés par les ouvriers dans les
tranchées ouvertes pour recevoir les fondations des nouvelles construction.
Voici, avec ceux que nous avons déjà cités, les noms des
quelques gardiens que nous avons vus figurer dans les actes :
· 1621, P. Gosse ;
· 1648, Remy Pronnaye ;
· 1693, N. Corblet ;
· 1760, Pacifique Blangrenon ;
· 1765, Antoine-Martin Raincheval ;
· 1770, Antoine Le Prêtre ;
· 1778, Léonard Collard ;
· 1779, Grégoire Le Comte ;
· 1790, Albert-Joseph Le Roy.
Extrait du livre de l’abbé J.
Gosselin, Mailly et ses Seigneurs (Péronne, 1876)
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