

La Chapelle aujourd’hui

En 1755, l'Académie royale
d'architecture mettait pour la première fois au concours le projet d'une chapelle
sépulcrale isolée, avec une seule entrée, un autel et des tombeaux. A cette
époque, Louis-Victor, Marquis de Mailly, faisait construire un édifice
comparable en bordure du parc du château afin de recevoir les restes de sa
jeune épouse, Antoinette Cadot de Sébeville, récemment décédée à l'age de 26
ans.

Antoinette
Cadot de Sébeville
La réalisation fut rapide.
Seulement trois ans séparèrent la construction du gros oeuvre de l'achèvement, en
1757, des principaux éléments sculptés. Cette célébrité explique la
complémentarité réussie entre l'enveloppe architecturale et le mausolée de
Dupuis. La marquise lève les yeux vers le lanterneau supérieur, seul percement
ouvert dans la vaste coupole. En face, une niche vide semble attendre la
sculpture funéraire de son conjoint. L'ovale intérieur crée un espace centré,
propice au recueillement, tout en marquant un axe principal pour la célébration
du culte.
La voûte est construite en tas de
charge, c'est à dire par assises avançant horizontalement les unes sur les
autres, un procédé audacieux, jusque-là seulement recommandé pour les petites
portées. A l'intérieur, l'emploi de la pierre et du marbre fait contraste avec
l'appareil en briques qui recouvre les larges panneaux extérieurs.
Le monument a souffert d'infiltrations d'eau qui
nécessitèrent dés 1790 la suppression de la balustrade extérieure, du manque
d'entretien consécutif au revers de la fortune des héritiers de la seigneurie
de Mailly au cours du XIXe siècle, des bombardements de la Grande Guerre qui
touchèrent le lanterneau et le campanile, enfin des travaux de réfection au
cours desquels ces deux parties endommagées durent arasées.
Classé en 1973 au titre des
Monuments historiques, recouvert deux ans après d'une toiture parapluie,
l'édifice reste dans un état de conservation précaire. Une mobilisation de
toutes les énergies sont nécessaire pour assurer sa sauvegarde et entreprendre
sa restauration.

Monument à l’intérieur de la chapelle.
Dans une niche latérale, le
sculpteur Jean-Baptiste Dupuis a représenté Antoinette Cadot de Sébeville sur
un prie-Dieu, les mains jointes. Devant elle, deux enfants en larmes : l'un est
allongé, accoudé sur un crâne, l'autre, debout, tient un flambeau renversé. Au
sommet de la pyramide, entre les draperies à lambrequins, un ange, une
trompette à la main, s'apprête à sonner l'heure du jugement dernier. Dupuis
avait utilisé un répertoire allégorique comparable pour le tombeau de l'évêque
Pierre Sabatier réalisé à la cathédrale d'Amiens; les putti de Mailly rappellent l'Ange
pleureur sculpté par Blasset au tombeau du chanoine Lucas.



L'intérieur forme
un ovale de 12.40 m sur 10.25 m. Au-dessus d'un stylobate continu, des
pilastres jumelés sont coiffés de chapiteaux ioniques. Un entablement marque la
base d'une vaste coupole décorée de nervures qui se rapprochent progressivement
entre elles jusqu'à l'oculus supérieur. Quatre saillants extérieurs assurent le
contrebutement de la poussée exercée par cette voûte. En façade s'ouvre le
porche d'entée, surmonté du campanile. A l'origine, une balustrade ornée de
pots à feu faisait le tour de l'édifice au-dessus de la corniche. La
tour-lanterne était largement éclairée par quatre fenêtres en plein cintre séparées
par des contreforts.
Il y avait
autrefois une cloche de 130 Kg, bénite en 1756 sous le nom de
« Françoise-Antoinette » ; elle fut livrée à la fonte pendant la
Révolution, pour en faire des canons ou des gros sous à l’effigie de la
République.
A la suite
de quelques travaux indispensables, le curé-doyen de Mailly jugea nécessaire,
en 1860, de donner à la chapelle une nouvelle consécration, et il en profita de
la Mission des R.R. P.P. de la Compagnie de Jésus, dans son doyenné, pour y
faire une bénédiction solennelle. Un procés-verbale de la Retraite de Mailly
relate cette cérémonie d’une mémoire touchante.
(Les principaux extraits
proviennent de la brochure de l’ASRCM)
Depuis le début du mois de
septembre nous avons la joie de voir « Madame » se découvrir de son
toit parapluie qui couvrait l’édifice depuis 1975.




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