A travers l’Histoire
de la France :
L’histoire du village de Mailly se complètent naturellement
par l’histoire des illustres seigneurs ayant habité le château qui fit pendant
plusieurs siècles l’ornement de ce bourg. Nous donnerons donc la liste
chronologique et succincte des membres de cette famille qui ont successivement
possédé la terre et seigneurie de Mailly.

Blason de la famille de Mailly
La noblesse picarde occupe un rang
distingué parmi celle de la France et même celle de l’Europe. Un proverbe
caractérisait ainsi neuf de ces principales familles :
Ailly, Mailly, Crépy,
Tels noms, telles armes, tel
cry ;
Picquigny, Moreuil, Roye,
Ceincts de mesme courroye
Feroient la guerre au
Roy ;
Rambures, Rubempré, Renty,
Belles armes et piteux cry.
Parmi ces familles, celle de Mailly,
est l’une des plus anciennes et des plus illustres de la Picardie ; et c’est
avec raison que l’on a dit de tout temps que « dans cette province il n’y
avait point de Maison qui pût lui disputer en ancienneté et en grandeur. »
On peut même la compter parmi les premières du royaume de France, si l’on
considère l’ancienneté de son origine, les services qu’elle a rendu à l’Etat et
l’illustration de ses alliances. Sa devise : « OGNE QUI VOURA »,
c’est à dire GRONDE QUI VOUDRA, respire la fierté primitive et l’expression du
courage inébranlable de ces anciens chevaliers.
Les armes de
la Maison de Mailly sont aussi célébrées dans le blason de la noblesse
française que le nom de cette familles dans les annales de la Picardie. C’est
un champ d’or à trois maillets de sinople. La couronne ducale qui les surmonte
est à fleur de lis d’or, distinction rare et précieuse, bien due à cette race
de preux qui ne s’est pas moins signalée dans tous les temps à la défense de la
Foi, en armant autant de chevaliers, ses vassaux, qu’en pouvaient armer les
connétables de France.
Dés les
premier siècles de la monarchie française, son nom et son existence politique
se trouvent liés à tous les événements remarquables de l’histoire. Après avoir
envoyé plusieurs de ses membres aux Croisades qui furent témoin de leur
éclatante valeur, et perdu trois de ses membres à la bataille d’Azincourt,
cette Maison eut l’honneur de voir un de ses aïeux régent du royaume sous
Charles VI. Nous la voyons ensuite honorée par nos rois du titre de cousin.
Enfin, elle fut revêtue dans tous les temps des premiers emplois du royaume par
les grands hommes qui en étaient issus et par les services éclatants qu’ils
avaient rendus.
Les marquis
de Mailly étaient possesseur de domaine considérables situés dans un grand
nombre de villages des environs de Doullens, en même temps qu’ils en étaient
les seigneurs. Nous citerons entre autres : Authuile, Montrelet, Fieffes,
Canaple, Talma, Le Rosel, Val-de-Maison, La Vicogne, Toutencourt,
Buire-aux-Bois, Varennes, Acheux, Martinsart, Bouillencourt, l’Orsignol,
Remangis, Orvillers.
La Maison de Mailly s’est subdivisée en plusieurs branches,
dont les principales sont :
·
La baronnie de Mailly,
érigée plus tard en marquisat en faveur de René de Mailly ;
·
Branche des marquis de
Nesle ;
·
Branche des comtes de
Mailly-Rubempré ;
·
Branche des seigneurs de
Marueil et de Fresnoy ;
·
Branche des comtes de
Mailly, marquis d’Haucourt ;
·
Branche des
Mailly-Couronnel.
Nous n’avons
naturellement à nous occuper ici que de la première branche qui a illustré le
bourg dont nous avons retracé les annales dans la partie « l’histoire du
village ».
D’après
Lachesnaye-Desbois, la Maison de Mailly proviendrait des anciens seigneurs de
Vergy, issus eux-même des comtes de Châlons-sur-Saône. Cette origine a été
découverte dans l’Histoire de l’église abbatiale et collégiale de Saint-Etienne
de Dijon », par Claude Tiot, abbé de la même église, aumônier ordinaire du
roi, ouvrage imprimé à Dijon en 1696.
Dés le commencement du 11ème siècle, nous
retrouvons des seigneurs du nom de Mailly.
1.
Humbert de Mailly défendit
Dijon contre le roi Robert, en 1003.
2.
Wédéric de Mailly, fut
présent à la donation faite par le roi de France Henri 1er à
l’abbaye d’Hasnon en 1058, et la signa avec plusieurs autres seigneurs.
3.
Anselme de Dijon, sire de
Mailly, doit être considéré comme la source certaine de cette Maison en
Picardie, et comme fondateur de la baronnie de Mailly-Lefranc. Né en
1020 ; il devint l’un des plus puissants seigneurs et des plus grands
hommes de son siècle. Il fut l’un des favoris de Richilde, comtesse d’Artois,
qui le fit Lieutenant de son armée. Il gouverna les Etats de France avec Dreux,
sire de Coucy, et fut tué au siége de Lille en 1070, laissant après lui la
réputation de vaillant et illustre guerrier. Anselme eut trois enfants :
·
Wautier, qui suit.
·
Renaud, seigneur de
Barastre.
·
Arnoud, inhumé en 1100 en
l’église de St Géry à Cambrai.
4.
Wautier, sire de Mailly, chevalier (miles) abandonna plusieurs
parties de dîmes pour aider au rétablissement de l’église de Corbie qui avait été
brûlée en 1123. Il mourut en 1181, laissant trois enfants, savoir :
·
Nicolas.
·
Elisabeth.
·
Lucie, mariée à Nicolas de
Pernes.
5.
Nicolas, sire de Mailly et
de Senlis, fut chargé, pendant la 3ème croisade, de la conduite de
la flotte, avec Thiéry de Flandre et Jean de Nesle ; il assista en 1204 à
la bataille d’Adramitium. Lors des premiers revers des chrétiens en Palestine,
Nicolas de Mailly fut député pour demander du secours au pape, au roi de
France, en Flandre et en Allemagne, et il fut l’un des trois barons de Henri,
empereur de Constantinople envoya vers Demetrius, roi des Thessaloniques. Il
s’acquitta avec zèle de ces importantes missions. Il épousa Amélie de Beaumont
en Haiaut. Elle est nommée avec son mari dans un titre de St Vaast d’Arras,
l’an 1188, par lequel ils remettaient aux religieux de ce monastère tous les
droits de travers qu’ils avaient coutume de payer pour eux, leurs chevaux,
chariots et bestiaux passant sur leurs terres. Ils eurent plusieurs
enfants :
·
Gilles, qui suit.
·
Wautier, qui épousa
Ildeberge de Bailleul.
·
Milon, bienfaiteur de
l’abbaye de Chaly, 1209.
·
Guillaume.
·
Pierre.
·
Mathieu, seigneur de
Senlis, qui rendit de grands services à
Philippe-Auguste, pendant la guerre qu’il soutint contre Richard, roi
d’Angleterre . Il fit prisonnier Robert, comte de Leicester et fut pris
lui-même en 1198 prés de Gisors, en cherchant à secourir le roi de France,
tombé dans une embuscade. Guillaume Guiard a rappelé ce fait dans les deux vers
suivant :
·
« Pris y fut Mathieu
de Mailly, »
·
« Et maints autres de
haut parage. »
·
Bauduin, chevalier.
·
Nicolas de Mailly,
chevalier de St Jean de Jérusalem, maréchale son Ordre, grand prieur
d’Auvergne, tué au siége de Damiette en 1218.
·
Nicole ou Nicolette, qui
épousa : Hermande de Créqui, 2nd Jean de Nouvion, seigneur de
Thièvres.
·
Mathilde
6.
Gilles 1er du nom,
baron de Mailly, succéda à son père dans la possession de toutes les terres de
la Maison. Il était seigneur
d’Authuille, Nédon, Auvillers, Acheux, Colincamps, Bayencourt, Rossignol,… et d’autres
terres qui composent tout le pays des environs de Mailly.
Par des lettres datées de 1228, Gilles fit un bail à vie à titre
de cens, au commandeur de Belle-Eglise, de toutes les terres qu’il possédait au
territoire de Senlis, au « Camp Comelainne le Val » (1304).
Guillaume, évêque d’Amiens, confirma la vente que Gilles de Mailly fit aux
templiers ; sa lettre constate qu’il avait 1 743 journaux de terre à
Senlis. Il fit une donation de 50 muids de froment au chapitre d’Amiens en 1232
et une autre d’un muid de blé de rente à l’abbaye de Clairfay, en 1250.
Quand Gilles 1er de Mailly partit en
Terre-Sainte en 1245, emmenant avec lui neuf chevaliers, ses vassaux . Il
ses distingué en Palestine dans la 7ème croisade, et mourut dans un
âge très avancé.
Il avait épousé Amélie de Heily, dont il eut :
·
Nicolas, cité dans les
titres de Corbie au sujet d’une obligation envers cette abbaye.
·
Hugues, mort sans enfant.
·
Gilles, qui suit.
·
Sohier.
·
Jacques, chevalier de St
Jean de Jérusalem qui déploya tant de courage pendant la croisade, qu’il y fut
appelé par les infidèles, le St Georges des chrétiens.
·
Elisabeth.
·
Elise.
·
Pavie.
·
Eustache.
·
Mathilde.
7.
Gilles 2ème du nom, baron de Mailly, succéda à son père dans la possession de toutes les terres
de sa Maison. Après la mort de ses frères aînés, il accompagna St Louis à Tunis
dans la 8ème et dernière croisade, et y mena 14 chevaliers avec
trois bannières, autant que le connétable de France. Il est aussi mentionné aux
archives générales de Picardie : « Messire Gilles de Mailly soi
diziesme, trois milles livres (de solde) et passage et retourde chevaulx, et
mangera à court ». Gilles devint si puissant, qu’en 1289, il osa combattre
contre le roi lui-même ; mais vaincu par le monarque, son château fut rasé
et il subit les peines prononcées par les lois féodales contre le vassal qui
attaquait ainsi son suzerain.
Gilles est cité dans les titres de Corbie au sujet de
contestations diverses qu’il eut avec le monastère, 1248, de querelâ inter nos
(ecclesia Corbeia) et Egiduil de Mailli – 1256 : Carta quod hospites de
Colincamp non possunt molere nisi ad molendum de Mailliaco.
Il y épousa Jeanne d’Amiens, dame de Talma, de Lorsignol et
de Buire-au-Bois et fille de Thibaut, seigneur de Wignacourt et de Canaple.
De cette Maison naquirent :
·
Jean, qui suit.
·
Antoine, seigneur de
Lorsignol, Coigneux, Bayencourt, Talmas, Maizerolle,…, tige de la branche des
Mailly-Conti.
·
Gilles, souche des
seigneurs d’Authuille.
·
Jean, auteur de la branche
de Nédon.
Ils composent les quatre branches principales de cette
Maison ; le partage se fit par le testament que leur laissa leur père, en
ordonnant qu’au lieu de se servir de brisure sur l’écu de leurs armes, pour se
distinguer entre eux, l’aîné porterait comme de coutume, d’or à trois maillets
de Synope, au timbre d’ancien de la Maison, qui est ornée d’une couronne ;
le second, d’or à trois maillets de gueule ; le troisième d’or
pareillement à trois maillets d’azur, et le quatrième, d’or à trois maillets de
sable avec droit de bannière.
8.
Jean 1er du nom,
baron de Mailly-Maillet, seigneur d’Acheux et d’autres terres après la mort de
son père, eut un différent avec le comte d’Artois, en 1315. Une ligue contre
son suzerain, lorsque le roi Louis-le-Hutin parvint à pacifier le différend en
s’en rendant personnellement arbitre. Il écrivit au comte :
« Qu’il le trouvait hardi de s’être joué à un tel
homme que le sire de Mailly ; mais qu’il voulait bien faire en sorte de
faire la paix avec lui. »
Jean de Mailly épousa, en l’an 1290, Jeanne de Coucy, fille
d’Enguerrand, 3ème du nom , sire de Coucy et de Marie de
Montmireil. Il y eut trois enfants :
·
Gilles, qui suit.
·
Jean, auteur de la branche
des seigneurs d’Auvillers ;
·
Colart, seigneur de
Mézerolles, nommé avec Gilles son frère, dans un titre de l’abbaye de Froidmond
de l’an 1443. Il était sénéchal de Ponthieu, lorsqu’il mourut en 1369.
9.
Gilles 3ème du nom, baron de Mailly, seigneur d’Acheux,… servit en qualité de chevalier
banneret avec cinq écuyers dans l’ost de Bouvines, en 1339. Il épousa :
1° Isabeau
de Wavrans, dont il eut :
·
Jean ;
·
Jacques
·
Tous deux tués à la
bataille de Nicopolis.
2° Perronne
de Rayneval, veuve de Vaast de Montigny, il eut :
·
Gilles, qui suit ;
·
Guillaume qui se distingua
dans les batailles du Mont-Cassel et de Crécy ;
·
Jean, qui servit en 1340
en l’ost de Bouvines ;
·
Simon, blessé mortellement
à la bataille de Ropsbecque en 1382, où il fit des prodiges de valeur.
3° N…. De ce
troisième lit, il eut un fils :
·
N…. de Mailly, tué, avec
ses deux frères du premier lit, au combat de Nicopolis.
10. Gilles 4ème
du nom, succéda à son père, mort en 1362,
comme baron de Mailly, seigneur d’Acheux,… Il assista à l’assemblée qui se fit
devant Tournay, et servit en l’ost de Bouvines, puis en Flandre et en Hainaut,
1339, 1340, 1341. Il mourut en 1372.
De son mariage avec Marguerite de Friencourt vinrent :
·
Gilles, qui suit.
·
Guillaume, vivant en
1367 ;
·
Nicolas ;
·
Jean, marié en 1350 à
Marguerite de Fiennes.
·
Ade, qui eut la terre d’Acheux.
Elle épousa :
1° Aubert d’Hangest, seigneur de Senlis ;
2° Guy de Laval, seigneur d’Attichy ;
3° Jean de Néelle, seigneur d’Offemont ;
Elle mourut en 1410 et fut inhumée dans l’abbaye
d’Ourscamp, à côtés de son second mari.
11. Gilles 5ème
du nom, baron de Mailly, seigneur de
Fliencourt,… Il assista son père à la guerre de 1339, et fut reçu chevalier de
Mantes le 13 octobre 1364. Il épousa :
1° Vers l’an 1340, Jeanne de
Moreuil-Soisson, fille de Bernard, maréchal de France, dont il eut :
·
Gilles, qui suit ;
·
Jean ;
·
Eustache, qui acquit la
réputation du plus brave chevalier de son temps. Il contribua à chasser les
Anglais de la Guyenne et fut tué » au siége de Carthage en 1390 ;
·
Jacques, chambellan du roi
Charles IV, qui l’envoya en qualité d’ambassadeur, vers le roi de Jérusalem et
de Sicile.
·
Jeanne, abbesse de
Bertaucourt, Juillet 1389 ;
·
Agnès, femme de Thomas de
Lille, seigneur de Fresne-les-Condé.
·
Isabeau, mariée à Philippe
Paynet, baron de Noyon.
2° En janvier 1366, Jeanne
de Donquerre, fille de Bernard, chevalier, et de Jeanne de Lambersart, qui
mourut sans enfants peu après son mariage.
12. Gilles 6ème
du nom, chevalier, baron de Mailly ,
seigneur de Bouillancourt,… succéda à son père, Gilles V. Il se fit remarquer
dans la guerre de Flandre en 1364, signala sa valeur à la prise de Mayence en
1377. Depuis, il passa au service du duc de Bourgogne et mourut en 1382 avec la
réputation d’un brave et loyal chevalier .
Il avait épousé, vers l’an 1370, Marie de Coucy, dame de
Droisy, qui se maria en secondes noces avec Gauchinde Chatillon, et en
troisième avec Jean de Lissac, Huissier d’armes du roi.
Marie de Coucy avait eu de son premier lit :
13. Colart, dit Payen, seigneur de Bouillancourt, l’honneur de sa
race. Il était mineur à la mort de son père. Ayant embrassé la carrière des
armes il se rendit célèbre par sa valeur et ses exploits ; la chronique de
Froissart en parle avec éloges. L’an 1383, il offrit seul le premier heaume de
la guerre aux obsèques de Louis, comte de Flandre. Il fut du nombre des
chevaliers français qui allèrent à la cour de l’empereur pour y combattre à
outrance contre un nombre de chevaliers autrichiens égal au leur. Le roi
Charles VI l’emmena avec lui au mariage de Guillaume de Hainaut en 1386, avec
Marguerite de Bourgogne. En 1408, il accompagna Jean, duc de Bourgogne dans une
expédition contre les liégeois et il fut nommé, en 1410, le second des
seigneurs qui furent chargés de l’administration du royaume pendant la maladie
de Charles VI. Il fut tué à la bataille d’Azincourt en 1415, avec son fils aîné
qui l’avait accompagné.
Il avait pris pour femme sa parent Marie de Mailly, dame de
Lorsignol et de Daours, qui se remaria à Denis de Brimeu, seigneur
d’Himbercourt. Elle fut enterrée, après sa mort survenue en 1456, auprès de son
mari et de son fils, dans l’église de St Nicolas dans les fossés , à Arras, où
elle avait fondé, le 18 avril 1447, deux messes par semaine, divers obits et
nombreuses aumônes. L’écu de leurs armes, gravé sur leurs tombeaux, était
surmonté d’une couronne de fleurs de Lys, faveur que les souverains de France
attribuèrent et continuèrent depuis cette époque à la Maison de Mailly, à
raison de ses services.
Leur épitaphe se voyait sur un tableau de l’église St
Nicolas. En 1835, M. le comte Adrien de Mailly a fait lithographier une fort
belle copie de ce monument précieux de sa famille. Des deux côtés d’une image
de la Ste Vierge, on y voit représentés, à genoux, avec les costumes de leur
temps et chargés de leurs écussons, les principaux membres de la Maison de
Mailly, cités dans l’inscription suivante :
« Cy git Dame Marie de Mailli , Dame de Mailli,
de Rossignol, Bours et Bouillencourt, femme d feu M. Collart, seigneur de
Mailli, de Beaufort-en-Santerre et du Plouich, qui trépassa à la bataille d’Azincourt,
desquels seigneur et dame sont issus Monsieur Collart de Mailli, lequel après
qu’il eût été fait chevalier à la dite journée, trépassa. Jean, seigneur de
Mailli, qui trépassa à la journée de Mons-en-Vimeu, l’an 1421, nouvellement
marié qu’il était avec Marie de Hangest, fille héritière de Miles, seigneur
d’Hangest et de Davenescourt. Jean, seigneur de Mailli, de
Beaufort-en-Santerre, du Moyeu et de Bours. Antoine de Mailli, écuier. Monsieur
Hués de Mailli, seigneur de Rossignol et de Boullancourt, défunt Marie de
Mailli, dame de Domart sur la Luce, pour ce qu’elle a épousé Guillaume de
Villers, Paul, seigneur de Verdronne, fils héritier d’un autre Guillaume et de
Marguerite Dame de Mailli, religieuse de l’église de Pont-Sainte-Maxence,
Jeanne de Mailly, deeme de Sombrin et de Pronville, femme de Robert de Frestel,
seigneur desdits lieux de Sombrin et de Pronville, veuf de la fille de Morlet,
seigneur de Saveuse ; et Marie de Mailli, dame de Beaumont et de
Coullement et autres leurs enfants, étant en cette présentation, laquelle
trépassa le 6 septembre 1456, étant alors veuve de Denis de Brineu, seigneur de
Humbercourt, son mari. Priez Dieu pour leurs âmes. »
De leur
mariage naquirent :
·
Colart, tué avec son père
à la bataille d’Azincourt ;
·
Jean, mort sur le champ
d’honneur à la rencontre de Mons-en-Vimeu, 1421 ;
·
Jean, qui suit ;
·
Antoine, mort sans
alliance ;
·
Hue ou Luc, seigneur de
l’Orsignol, gouverneur de Montdidier ;
·
Marie, mariée à Guillaume
de Villers ;
·
Jeanne, religieuse à
Pont-Saint-Maxence,
·
Jeanne, Femme de Robert
Frestel, chevalier, seigneur de Sombrin ;
·
Marie, alliée :
1° à
Jean de Brimeu, seigneur d’Humbercourt ;
2° à
Hugues de Berguette, seigneur de Beaupré.
·
Et plusieurs autres
enfants.
14. Jean 2ème
du nom, dit Jeannet, continua la ligne des
barons de Mailly, Suivant Belforest, il fut un des premiers seigneurs qui
quittèrent le parti des ducs de Bourgogne pour suivre Charles VII, et mérita
par sa valeur le surnom de l’Etendard. On le voit signer en 1420, le contrat de
mariage de Catherine de France, fille de Charles VI, avec Henri V d’Angleterre,
et en 1435, le traité de paix fait à Arras le 21 septembre entre Charles VII et
Philippe de Bourgogne.
Le roi de France l’envoya à Tours au devant de Marguerite
d’Ecosse qui venait épouser le dauphin. Jean de Mailly la conduisit jusqu’au
château, tenant une des rênes de sa haquenée. Il fut présent à l’hommage que le
duc de Bretagne rendit au roi en 1468, après avoir siégé dix années auparavant
aux Etats de Tours, convoqués par Louis XI . Il y prit séance après les
princes avec le vidame d’Amiens.
Jean avait épousé en 1426, Catherine Mametz, fille et
héritière de Pierre, seigneur de Ravensberghe et de Catherine, dame de Caheux.
Ils eurent :
·
Jean, qui suit.
·
Hutin ;
·
Isabelle, femme de Jean de
Neuville, seigneur de Matringhem ;
·
Antoinette, marié le 30
décembre 1452, à Philippe de Noyelle, vicomte de Langle.
15. Jean 4ème
du nom, baron de Mailly, comte d’Ogimont,
seigneur de Bours,… , marcha sur les traces de ses nobles aïeux. Il fut fait chevalier
de l’Ordre du roi Charles VIII et devint son chambellan, fonction qu’il
conserva sous Louis XII.
Jean se faisait remarquer autant par ses qualités privées
que dans ses relations avec les souverains. Il était le Bienfaiteur des
pauvres. La construction de l’église de Mailly et la fondation du couvent des
Cordeliers dans ce bourg, et d’autre à Bouttencourt près de Blangy-sur-Brelses,
sont autant de preuves de la pieuse générosité de Jean et de sa femme.
Il avait épousé par contrat du 5 octobre 1479, Isabeau
d’Ailly, fille de Jean, vidame d’Amiens, et de Yolande, fille naturelle du duc
de Bourgogne. On lit dans les pièces justificatives de l’histoire de la Maison
de Mailly, que Charles VIII fit présent de 10 000 écus d’or à Isabeau, lors de
son mariage. Il y eut de ce mariage :
·
Antoine, qui suit ;
·
Jacques, marié à Marie de
Wignacourt ;
·
Adrien, auteur des
seigneurs de la branche d’Haucourt ;
·
Antoinette, femme de
Foulques de Fantereau, seigneur de Villers-sous-Foucarmont.
Jean IV fut enterré dans l’église des cordeliers. On grava
cette épitaphe sur son tombeau :
« Ci gist Jean de Mailli, chef du nom et des armes
dudit Mailli, chambellan des rois Louis XII et Charles VIII, baron dudit
Mailli, comte d’Eux, seigneur de Roch, de Cayeu, Boullencourt-en-Séry, de
Elincourt-sur-Mer, Cointoille, Bours, Ravensbergue, Rossignol, Martinsart,
Beaufort-en-Santerre, lequel trépassa le 22 mai 1505. »
Isabeau était, nous dit l’auteur de ces précieux détails,
douée des vertus qui font la bonne dame et l’excellente chrétienne. Elle en
donna des preuves au milieu de l’éclat des grandeurs et des richesses dont elle
était environnée. Elle était la consolation des pauvres et leur servait de mère
en faisant tous ses efforts pour soulager leurs infirmités et leur misère.
C’est aussi, paraît-il, vers 1495, qu’Isabeau résolut de dépenser une somme
considérable pour décorer, comme on le voit encore aujourd’hui, le portail de
l’église.
16. Antoine, recueillit la succession de son père en l’année 1505, avec
le titre de chevalier et baron de Mailly,… Il fut conseiller du roi de François
1er, et chevalier de son Ordre. Il épousa le 15 juillet 1508,
Jacqueline d’Astarac, fille de Jean, comte d’Astarac et de Jeanne de Chambles.
Le roi signa son contrat de mariage et la reine Anne de Bretagne en fit une de
ses dames d’honneur. De plus, elle lui fit présent de 5 000 écus payables en
quatre années. Dans sa lettre, la reine qualifie de « sa chère et
bien-aimée cousine », et à la mort de son mari, 1531, François 1er
lui fit remise de tous les droits qui pouvaient lui être dus pour les terres
situées dans la prévôté de Péronne. De ce mariage vinrent :
·
René, qui suit ;
·
Nicolas, seigneur de
Bouillancourt que l’on qualifie maître de l’artillerie de France, qu’il commandait
à la bataille de Cérisolles, mort en 1558.
·
François, abbé de
Toussaint ;
·
Adrien, dernier abbé de
l’abbaye de St-Just, mort en 1582 ;
·
Françoise, mariée :
1° le
2 mars 1532, à Jean de Belloy, baron de la Flotte ;
2° à
Louis de Neuville, 1er baron de Lamarche.
·
Antoine eut encore trois
enfants naturels :
·
Claude ;
·
Hutin, tué au siége de
Pavie en 1524 ;
·
Isabeau, bâtarde de
Mailly.
Tous sont
mentionnés dans le testament de leur père, daté du 11 janvier 1514.
17. René, 1er
du nom, arriva par droit de naissance à
succéder à son père comme baron de Mailly,… Gentilhomme ordinaire de la Maison
du roi, chevalier de son Ordre, capitaine de 50 hommes d’armes de ses
ordonnances et gouverneur de Montreuil, il se jeta, en 1537, dans la ville
d’Hesdin avec 1000 hommes d’infanterie, pour la défendre pendant le siége. Il
signala sa valeur à la défense de la ville de Metz assiégée par Charles-Quint,
en 1552 et aux batailles de Cérisolles, 1544, de Dreux, 1562, de St Denis,
1567, et à celle de Moncontour donnée le 3 octobre 1569, où il fut blessé au
côté d’Henri III, alors duc d’Anjou. Le roi François 1er, qui
l’estimait beaucoup, lui fit la remise des droits seigneuriaux sur la terre de
Mailly, par lettre du 28 septembre 1535, dans laquelle il le qualifie de
« son cousin », parce que, dit ce prince, il appartient de près et
par lignage à la reine Claude, son épouse, fille du roi Louis XII. Charles IX
lui accorda au bois de Vincennes, le 1er août 1562, le privilège de
pouvoir tel de ses parents qu’il voudrait, de l’abbaye de Longvillers en Bourbonnais.
René avait épousé, par contrat du 3
décembre 1527, Françoise de Hangest, fille d’Antoine, seigneur de Remaugies et
de Péronne Lecaulier, fille de Jean, seigneur d’Agny près d’Arras, ambassadeur
auprès du roi. Il en eut :
·
Jean, baron
de Mailly, tué au siége d’Hesdin en 1552, sans laisser de postérité ;
·
Gilles,
seigneur de Bouillencourt, Beaussart,… , chevalier de l’Ordre du roi, capitaine
de 50 hommes de ses ordonnances, vice-amiral de France et gouverneur de
Montreuil. Il épousa Marie de Blanchefort, dame de Mareuil près d’Abbeville. Il
eut un fils, René, baron de Mailly, mort sans alliance en 1592, après avoir
fait beaucoup de bien au couvent des Sœurs Grises de Doullens.
·
Thibaut, qui
suit ;
·
François,
mort jeune ;
·
René, abbé
de Longvillers et de Toussaint, prieur d’Avenescourt ;
·
Gabrielle,
morte sans alliance ;
·
Renée,
abbesse de St Jean au Bois, près de Compiègne ;
·
Françoise,
femme d’Antoine d’Alègre, Baron de Meilhaud ;
·
Marguerite,
alliée à Jacques d’Ostrel, baron de Val en Artois, gouverneur de Lillers et de
St Venant.
Dans une peinture intéressante de
l’antique château de ses ancêtres, M. le comte de Mailly a fait représenter
René de Mailly et son fils livrant au gouverneur d’Hesdin, également accompagné
de son fils, un combat singulier, où le vainqueur devait fixer les bornes de la
France, du côté de l’Artois.
18. Thibaut de
Mailly, seigneur de Reumaugies, puis baron de
Mailly, par suite du décès de don neveu René, était capitaine d’armes des
Ordonnances du roi, seigneur de Colincamp, Beaucourt,… , chevalier de l’Ordre
du roi. Il fut l’un des seigneurs qui signèrent à Péronne, le traité de la ligue le 13 février 1577. Thibaut épousa,
En premières noces, par contrat du 26 juin 1575, Françoise
de Belloy, fille de Florent et d’Anne de Ligny, morte le 7 avril 1592. Il
augmenta les possessions déjà considérables de sa Maison par son second mariage
avec Françoise de Soyencourt, veuve de Pontus, seigneur de Belleforière,
gouverneur de Corbie. Le contrat fut signé au château de Tilloy, le 2 décembre
1593.
Les
enfants que Thibaut eut de sa première femme furent :
·
Marie, femme de Geoffroy
de Rambures, seigneur de Ligny ;
·
René, qui suit ;
·
Charles, abbé de
Longvillers, prieur d’Avenescourt ;
·
Jacques-Antoine, de la branche
des seigneurs de Montreuil et de Fresnoy.
Du
second lit sortit :
·
Louise, mariée à Philippe
Guillart, baron d’Arcy, gentilhomme ordinaire à la Chambre du roi.
19. René 3ème
du nom, baron de Mailly, seigneur de
Remaugies, Colincamp, Beaumont, Englebelmer, Franc-Mailly,… est qualifié
capitaine de 50 hommes d’armes du roi, dans un dénombrement du 16 août 1622. Il
fonda une chapelle dans son château de Remaugies et mourut en 1643. Il avait
épousé par contrat du 16 janvier 1609, Michelle de Fontaines, dont il
eut :
·
René, qui suit ;
·
Charles Louis René,
seigneur de Remaugies, mort jeune ;
·
Louis Charles qui forma la
branche des marquis de Nesles. Il prit une part active aux siéges de
Thionville, de Marseille, d’Ypres, de Dunkerque, et aux batailles de Rocroi, de
Fribourg et de Nortlingue, où il fut dangereusement blessé . Louis XIV,
qui connaissait ses talents et son habilité, l’employa dans les campagnes qu’il
fit en Flandre, en Hollande et en Franche-Comté. Ce seigneur donna un nouveau
lustre à la Maison de Mailly en réunissant le marquisat de Nesle à ses autres
domaines et en obtenant, en 1701, des lettres portant confirmation et
substitution masculine à l’infini de cette terre, en faveur des aînés de sa
Maison.
·
Thibault, destiné
chevalier de Malte ;
·
Charles, prieur
d’Avenescourt ;
·
Marie, religieuse à
Longchamps ;
·
Claude Isabelle, abbesse
de Noir-Moutiers ;
·
Françoise, religieuse à
Roye ;
·
Barbe, religieuse à
Roye ;
·
Claudine, mariée
1°
à Jacques de Bourg, seigneur de Ste Beuve ;
2°
à Louis de Bourg, seigneur de Sissonne.
20. René 4ème
du nom, succéda ç son père. Le roi Louis XIII
érigea en sa faveur la terre de Mailly en marquisat. Il fut gouverneur de
Corbie et de Montreuil-sur-Mer et s’acquit une grande réputation pendant les
guerres de religion. Il se trouva au siége de La Rochelle, 1628, et au blocus
de Laval, 1630.
Au mois d’octobre 1635, le cardinal Richelieu se décida à
faire quelques exemples pour arrêter les défections honteuses qui abandonnaient
la patrie à ses ennemis. Il frappa, sans tenir compte de la dignité et de la
qualité des coupables, pour apprendre à la France que la justice du roi était
la même pour tous, lorsqu’il s’agissait de trahison. Ordre fut donné de saisir
le gouverneur de Corbie, René de Mailly et Maximilien de Belle-Forière, sieur
de Regnaucourt, comte de Tilloy, lieutenant-général du roi en Picardie, chargé
de défendre la ville et qui s’était rendu à l ‘ennemi le 16 août
précédent. Ce dernier fut condamné à la décapitation.
Puis il fut procédé, séance tenante, au procès du sieur de
Mailly ; De Soyecourt ayant pris le commandement de la place, Mailly
n’était plus responsable de la reddition, mais on pouvait lui reprocher de
n’avoir pas combattu énergiquement les projets de Soyecourt ; il avait
poussé la faiblesse jusqu’à signer un certificat, que ce dernier, avait réclamé
pour sa justification. L‘information avait été faite le 20 août et le 1er
septembre par le maître des requêtes Gobelin, collègue de Bellejamme ;
néanmoins, le roi ne voulut point prononcer de jugement sans avoir entendu la
défense de l’accusé, observer que les rois ne voyaient que les criminels que
pour leur faire grâce.
Le chancelier ayant insisté pour faire comparaître Mailly,
il fut décidé que ce dernier serait appelé et interrogé, et que, pendant son
interrogatoire, le roi se retirerait dans son cabinet ; ce qui fut fait.
Amené à la citadelle sous l’escorte de Lannoy, lieutenant des gardes, et mis en
présence de ses juges, Mailly reconnu ses trots, cherchant cependant à décliner
sa responsabilité à la réédition de la ville qui, avouait-il, pouvait être
mieux défendu et plus longtemps gardée.
Après l’interrogatoire et Mailly reconduit à la citadelle,
le roi reprit immédiatement la présidence du conseil qui condamna Mailly à
s’absenter de la cour pendant trois ans, avec défense de se trouver dans aucun
k=lieu où serait Sa Majesté, lui enleva la charge de gouverneur de Corbie, en
le déclarant incapable de tenir aucune charge pendant dix ans, l’interdiction
devant être maintenu, même après cette époque, à moins qu’il n’eût rendu au roi
un signalé service.
La sentence contre de Soyecourt fut exécutée par coutumace
et en effigie, sur la grande place d’Amiens, le 29 octobre, en présence de
l’intendant et des principaux officiers de la ville.
René mourut le 5 décembre 1695, âgé de 85 ans. Il avait
épousé :
1° par contrat du 14
avril 1630, Marguerite Monchy, fille de Jean, seigneur de Montcavel , de
Varennes, de Toutencourt,… , gouverneur d’Ardres et d’Etapes et de Marguerite
de Bourbon, dame de Rubempré ;
2° en 1654, Madeleine aux
Epaules, dite de Laval, marquises de Nesles et Montcavel, veuve de Bertrand
André de Monchy, et fille de René aux Epaules, dit de Laval, gouverneur de La
Fére.
Il n’eut d’enfants que de
sa première femme ; ce furent :
·
René Jean, qui suit ;
·
André Louis, marquis de
Varennes ;
·
Jacques, tué au siége de
Maëstricht ;
·
Pierre, seigneur de
Toutencourt ;
·
Claude, mariée à Jean de
Monchy, marquis de Montcavel ;
·
N… et N… mortes jeunes.