Mailly-Maillet

 

 

 

 

L’histoire du Village 

 

 

 

Les chartes et les écrivains appellent Mailly-Maillet :

 

Malleium

En 1007

Maillis

En 1180

Malli

En 1188

Mailli

En 1200 et 1301

Mailliacum

En 1222

Mailly

En 1269 et 1301

Mailliacum

En 1301 et 1258

Maylly

En 1567 et 1320

Maylli

En 1321

Mailly-au-Bos

En 1356

Mailly-Maillet

 

 

 

 

 

M. Taillier donne pour étymologie au nom de ce bourg le mot celtique « mâle » qui veut dire pierre ou roc. Selon ce savant historien de nos contrées du nord de la France, une portion notable de nos populations primitives s’était à des hauteurs ; Deux motifs avaient  pu déterminer cette préférence : le désir de se préserver des inondations, la crainte des attaques extérieures. Delà, le grand nombre de villages construits sur des élévations et des rochers.

 

            Quelques documents nous portent à croire que l’origine de Mailly remonte à une haute antiquité. Il y existait sans doute quelque établissement important sous les Romains, car on a découvert, prés de l’ancienne voie qui conduisait d’Amiens à Arras, et passe à l’extrémité de ce bourg, des urnes de terre noire et des lacrymatoires en verre blanc, des médailles en or de Maximien, et plusieurs anneaux ornés de pierres gravées : l’une de ces pierres représentait un esclave donnant à manger à un aigle déployé. On a même cru reconnaître les restes d’une chaise curiale en ivoire, au milieu de débris d’armes et d’autres objets trouvés en cet endroit.

 

            L’origine de ce bourg est plus ancienne ; sa position sur une des ramifications de l’ancienne voie gauloise dite de Barbarie, paraît devoir lui donner une date antérieure à la conquête romaine.

 

Ancien château en 1736

 

            Mailly n’eut, dans le principe, ni le même emplacement, ni l’importance que ses puissants châtelains lui valurent au Moyen-Age. Ses premières habitations furent bâties au bas de la côte, vers le Nord, autour de l’ancien cimetière. Elles furent transportées plus tard sous les murs du château-fort élevé par les seigneurs sur le haut de la colline. C’est à l’agglomération de ces chaumières que le bourg actuel de Mailly dût sa formation première.

 

            Au mois de mars 1222, Enguerran de Croi, et Jean le Monnier (Monetarius), chanoine de Picquigny, vendirent à Yole, Comtesse de St Pol et Dame d’Encre, plusieurs granges situées à Mailly (apud Mailliacum) et Sanlis, pour l’œuvre de deux clercs, auxquels on assigna moitié des dîmes des dits lieux. La vente fut faîte à la charge de payer à Gaultier, doyen et clerc d’Encre, 22 livres parisis.

 

            Mailly eut beaucoup à souffrir lors du siége de Corbie en 1636 ; les Espagnols s’en emparèrent et livrèrent presque toutes les maisons au pillage. L’année suivante, un incendie détruisit une grande partie du bourg.

 

            En 1683, un nouvel incendie, plus terrible que le premier, réduisit en cendres l’église, le château et la commune presque toute entière, laquelle, par son importance, avait mérité le titre de ville.

 

            Grâce à la largesse de ses seigneurs, ce pays se releva de ses ruines, lors de la Terreur, il fut signalé comme un foyer d’émigration, et une lettre de dénonciation, écrite à André Dumont, le 15 Nivose de l’an II, lui apprenait que la tranquillité de Mailly était en danger ; que le maire, le premier officier municipal et le juge de paix se voyaient menacés par la vengeance de l’aristocratie qui voulait les immoler, et que le foyer du mal était à Doullens :

«  Comme le citoyen De France, disait on, reçoit, à chaque instant, des visites de ses affiliés, et que ceux-ci reviennent à Mailly servir les mauvais principes qu’il leur débite, je crois qu’il serait bon que tu donnasses l’ordre de lui interdire toute communication à l’extérieur de la citadelle. »

 

            Des scellés furent apposés au château et grâce au courage d’un membre de la société populaire de Doullens, le comte d’Hesecques, déjà détenu à la citadelle de cette ville, échappa à la mort.

 

            Mailly eut beaucoup à souffrir de l’invasion allemande en 1871. Après la bataille de Pont-Noyelles, les Français battant en retraite vers le Nord, passèrent à Mailly où ils séjournèrent le 25 décembre. Le lendemain, les Prussiens, au nombre d’environ 12 000, traversèrent la commune. Du 5 au 11 janvier, Mailly eut à loger de nombreux détachements de cavalerie ennemie. Le 14 une escarmouche eut lieu entre les éclaireurs français et les cuirassiers blancs, qui emmenèrent prisonniers quatre dragons.

 

            Les Allemands revinrent à Mailly après la bataille de Saint-Quentin, et séjournèrent du 28 janvier au 2 février 1871. La troupe de l’occupation était de la 28° d’infanterie, le 8° régiment de pontonniers et de hussards, formant un total de 3 000 hommes ; Craignant d’être surpris, ils établirent des avant-postes à la sortie du bourg, et élevèrent des barricades interceptant toute espèce de communication. L’Armistice ayant été déclaré, les Prussiens partirent brusquement dans la direction d’Amiens, emmenant en otage le maire, M. Desjardin, qui fut enfermé à la citadelle pendant douze jours.

 

            Les pertes occasionnées à Mailly par l’occupation prussienne tant par suite de réquisition  que comme contributions de guerre, s’élevèrent à la somme de 85 000 Frs. La commune a été admise dans la répartition des indemnités accordées par l’Etat pour une somme de 48 000Frs.

 

Poilus dans une ferme de Mailly

 

            Mailly fut une plaque tournant de la Grande Guerre, en hommage à ses blessures, elle fut citée à l’ordre de l’armée et reçut la Croix de Guerre.

 

Tanks Britanniques et fantassins néo-zélandais à l’entrée de Mailly.

 

Liste des enfants de Mailly-Maillet morts pour la France pendant la guerre de 1914 à 1918 :

 

BEAUSSART

 

SOLDATS

 

CIVILS

 

GOSSELIN Fulgence

1914

FETRE Palmire

1916

MAISSE Raoul

1915

JOLY Germain

1916

CUVILLER Georges

1915

SOREL Jean-Baptiste

1918

DAUPHIN Edgard

1916

CORNET Aristide

1918

PENINE Lucien

1918

CORNET Fernand

1918

 

 

CORNET Madeleine

1918

 

 

PETIT Félix

1918

 

 

MAILLY-MAILLET

 

SOLDATS

BONDUEL Carlos

1914

CORDIER Léonard

1915

CARRE Victor

1914

FACQUER Georges

1916

CUVILLER Emilien

1914

ETEVE Marcel

1915

CUVILLER Lucien

1914

SOREL Arsène

1916

HERMEY Maurice

1914

HIO Victor

1916

CAGNY Emile

1914

DUPUIS Albert

1917

LEBLOND Charles

1914

CAGNY Jules

1917

ROUSSEL Charles

1914

FOTIADES Phocion

1917

LEROY Eugène

1914

BONNARD Paul

1917

DEQUENER Jules

1914

CAGNY Auguste

1917

DELVAL Charles

1914

POUCHAIN Jules

1917

DUPUIS JULES

1914

GRAUX Louis

1917

BONNARD Marcel

1915

CANEL Michel

1918

BECOURT Achille

1915

HERMEY Léo

1918

DELECOLE Arsène

1915

PRUVOST Henri

1918

CANTRELLE Fernand

1915

POURCHEZ Julien

1918

CIVILS

VASSEUR Blanche

1914

PETIT Mathilde

1915

GRENIER Georges

1914

LAFLECHELLE Georges

1918

DISTRIBUE Angèle

1914

HURQUIN Jules

1918

DURMORT Camille

1914

 

 

 

 

N’oublions pas non plus les Britanniques morts sur le territoire de Mailly-Maillet pendant la Grande Guerre dont les corps reposent dans la nécropole à cotés du cimetière civil, prés de la fabrique ainsi que dans le bois.

 

            En 39-45, elle fut à nouveau éprouvée mais n’en a pas moins continué sa lutte clandestine ce qui lui valut la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

 

Liste des enfants de Mailly-Maillet morts pour la France pendant la guerre de 1939 à 1945 :

 

DEPORTES

TUE A L’ENNEMI

GUEANT Jules

CAGNY Gustave

DELPLANQUE Victor

FUSILLE

JADOUX Edmond

MUCHENBLED René

GRAPOULET Jean

 

 

 

Jules GUEANT, Mort le 20 mars 1945 à Neu-Stassfurt en Allemagne.

 

 

Voici le souvenir de la vie au camp de Stassfurt extrait du livre Un pas, encore un pas… pour survivre écrit par l’amicale des Anciens Déportés à Neu-Stassfurt et publié aux éditions Martelle :

 

« J’ai également était le témoin des tortures subies par notre camarade Guéant, un père de huit enfants. Il avait été terriblement matraqué le jour du vol aux cuisines. Il avait un bras totalement inutilisable, atteint par la gangrène. Il gelait très fort à cette période et les canalisations d’eau étaient gelées. Tous les jours, un groupe de détenus, avec des sceaux, allaient chercher de l’eau au puit V. Du fait de ses blessures, Guéant ne pouvait porter qu’un sceau ; alors tous les jours il avait le droit à dix coups de schlague sur les fesses. Ça se passait dans les lavabos du camp SS. Il arrivait, baissait son pantalon, se courbait sur une chaise préparée à cet effet, et le SS lui administrait les dix coups de schlague. Tout cela sans un cri, sans une plainte. Le 20 mars, il mourait. »

 

Liste des enfants de Mailly-Maillet morts pour la France pendant la guerre d’Algérie :

 

MUCHENBLED Paul

GUEANT Georges

Georges GUEANT, Mort le 29 mai 1958.

 

 

 

            Pour ne pas oublier leurs héroïsmes durant les différentes guerres, le village de Mailly-Maillet rappellent leurs patriotismes et leurs dévouements pour notre nation lors des défilés du dernier dimanche d’avril pour la journée des déportés, du 8 mai, du 18 juin, du 14 juillet et du 11 novembre.

 

 

 

 

            Mailly est la commune la plus importante et la mieux bâtie du canton d’Acheux. Sa distance du chef-lieu de canton est de 6 km, de Doullens 23 km, et 34 Km d’Amiens. Altitude 153°.

 

            Le territoire est traversé par six routes qui viennent aboutir au centre du village. La superficie totale est de 1358 ha. Dont 227 en bois qui dépendaient de l’ancien château et qui sont en 1883 la propriété de M. le baron Le Feuvre d’Albert. Parmi les lieux dits, nous trouvons les Caritables, la Vallée des morts, souvenir d’une sanglante bataille ; la Justice où s’élevaient sans doute les fourches patibulaires ; la longue borne, les Bonnettes, la vallée Madame, les Catiaux, le Parterre, ancienne dépendance du parc du château, le bois Sacquepée, le Carnaphé, le Paradis, avec son mystérieux trésor,..

 

            Les rues de Mailly sont larges et bien percées ; elles portent, pour la plupart, des noms historique tels que : rue Madame (actuellement rue Lepage), rue des Cordeliers, rue Bertangle ( ?), Rue Montigny (actuellement rue du Général Leclerc). Un grand nombre de maisons bourgeoises à double étage et sa magnifique situation lui donnent l’aspect, sinon d’une ville, au moins d’un bourg important.

 

            La population de Mailly, n’était que de 450 habitants en 1693, s’est successivement élevée à 600 en 1720 et 1 011 habitants d’après le recensement de 1872 ; ils sont répartis dans 398 maisons, dont 212 à Beaussart, 18 aux Caritables et 8 à Ste Véronique. Le nombre de feux n’était que de 198 en 1720. Vers 1982, la commune comptait environ 620 habitants, 639 en 1990 et 604 habitants pour 1999. Pour visionner le graphique de l’évolution de la population de Mailly entre 1720 et 1999.

 

           

 

Cliquez sur le dessin ci-dessus pour découvrir l’évolution de la population de Mailly.

 

 

 

 

 

 

            Les habitants de Mailly étaient exclusivement des agriculteurs ; toutefois l’importance de la localité y a favorisé le développement d’un certain commerce local qui n’était pas sans importance. Les marchés se tenaient le vendredi de chaque semaine et principalement des foires pour les achats et ventes des animaux étaient très fréquentés, notamment par les habitants de communes assez éloignées et situées dans le département du Pas-de-calais. Ces foires et marchés ont disparu en 1919. Il y avait aussi une importante fabrique de laine établie en 1866 dans un écart de la commune appelé les Caritables, deux brasseries et une briqueterie formaient toute l’industrie du pays.

 

Jour de Moisson chez la famille Guéant Alfred et Jules.

 

Etiquette de l’ancienne brasserie Levisse

 

 

            Mailly possédait autrefois une maladrerie (Hôpital de lépreux au Moyen-Age) ; elle se trouvait à mi-côte entre le cimetière et le nouveau village, prés de l’emplacement nommé les Templiers. Il est probable que cet établissement dut sa fondation aux frères hospitaliers de St Jean qui comptaient dans leur Ordre plusieurs membres de la famille de Mailly. Cette maladrerie fut remplacée, dans les temps modernes, par un hôpital qui ajouta aux revenus déjà existants la dotation de 200 livres de rentes, que lui fit, en s’y retirant vers 1746, Madeleine-Bernandine Cadot de Sedeville, veuve du sieur de Gouffier et belle-sœur du marquis de Mailly ; des Sœurs grises du couvent du couvent Saint-Lazare à Paris y furent appelées le 12 octobre 1768 pour soigner les malades indigents et donner l’instruction gratuite aux jeunes filles pauvres de la paroisse.

 

            Cet hôpital, dont l’utilité était marquée dans une localité aussi importante que celle de Mailly, n’a pas été conservé, il sert aujourd’hui de mairie après avoir abrité pendant longtemps l’école communale.

 

Mairie

 

 

 

 

 

            Lors de la première organisation administrative, le chef-lieu du canton était Mailly ; il y fut pus tard transféré à Acheux. Nous avons retrouvé le nom du sieur Lagrennée François comme lieutenant exerçant le pouvoir municipal au nom du seigneur de Mailly en 1619.

 

            Les maires de Mailly depuis 1791 furent :

 

M. Geffroy

 

An II

M. Ringard

Membre du conseil général, officier public de Mailly, élu pour dresse les actes de l’Etat Civil

An II

M. Dauphin

 

An III

M. Quevrain

 

An IV

M. Tholomé

 

An IV

M. Herbet

 

An V

M. Carette

 

An V

M. Delaunay

Président de l’administration municipale de Mailly

An VII

M. De France d’Hezcques

 

1815-1816

M. Dupré-Defer

 

1816-1821

M. Delaunay

 

1821-1830

M. Hourriez Eloi

Député à l’assemblée

1830-1840

M. Hourriez Léon

Conseiller d’arrondissement

1840-1855

M. Deberly

 

1855-1865

M. Hourriez Léon

 

1865-1870

M. Breuval Léon

 

Fin 1870

M. Déjardin Eugène

Conseiller d’arrondissement

1871- 1881

M. Breuval Léon

 

01/1881-02/1881

M. Dauphin Victor

 

03/1881-1900

M. Breuval Léon

 

1900-1902

M. Corbier Charles

 

1902-1929

M. Hecquet Emile

 

1929-1945

M. Peuvion Eugène

 

1945-1952

M. Dhiers Oswald

 

1952-1962

M. Bopp Georges

 

1962-1987

M. Houcke Raymond

 

1987-1994

M. Lefèvre Jean-Pierre

 

1994-2008

M. Savy Gilbert

 

2008-

 

 

 

 

 

Le bourg de Mailly-Maillet comprenait dans son territoire deux hameaux : Beaussart et Colicamps et plusieurs autres dépendances, Belval, Haut et Bas Héringuiére, dont les dîmes sont mentionnées comme faisant partie du revenu du titulaire curé, Pierre Petit, en 1730.

 

            Colincamp ayant été converti en commune, nous ne nous occuperons que du hameau de Beaussart.

 

            Ce hameau, dont la dénomination rappelle l’existence d’un bois défriché, Sart, Sartum, est d’une origine très ancienne :

 

            Guillaume de Beaussart donna une chartre en 1230 – Gilles de Mailly fit don au Chapitre d’Amiens, en novembre 1232, de toute la dîme du terroir de Beaussart « de bella sarto », qu’il avait achetée de Robert de Forceville, seigneur de Beaussart, du consentement de sa femme Béatrice et de leurs sept enfants. Jean de Susane, chevalier, l’évêque d’Amiens, Geoffroy, confirmèrent cette donation.

 

            Jean IIIème du nom, baron de Mailly, prend le titre de seigneur de Beaussart en 1450. Cette seigneurie resta dans la famille de Mailly. Nous voyons plusieurs membres de cette famille, tels que Gilles, 1548, Thibaut , 1575, Réna III, etc.. Etc.…, s’intituler seigneurs de Colincamps et de Beaussart. Ce dernier à la fin du XIXème siècle, comptait 248 habitants. Il fut longtemps privé de chapelle pour les services religieux de ses habitants. Grâce à la munificence et au zèle de leur compatriote, l’abbé Gosselin, ils possèdent aujourd’hui une magnifique église. Leur généreux bienfaiteur avait à peine terminé une aussi difficile entreprise, mourut le 2 avril 1862, victime de son généreux dévouement ; Il était vicaire à Péronne.

 

 

 

 

            Nous citerons encore deux écarts de Mailly : « Les caritables », lieu où était l’ancienne sucrerie, une briqueterie et deux auberges, et « Ste-Véronique » où sont construites quelques maisons.

 

L’ancienne sucrerie en 1915

 

 

 

            Mailly a notamment depuis 1852 un corps de sapeurs pompiers. Nous n’avons que peu d’éléments sur les sinistres dans la commune. D’autant que plusieurs pages ont été détruites sur le registre du corps. Néanmoins nous sommes certains que nos anciens ont eu dur à faire, surtout durant la première guerre mondiale, la commune se trouvant sur les champs de bataille de la Somme. En 1983 le corps a reçu un nouveau drapeau en remplacement de celui datant de 1852 (toujours visible à la mairie). L’amicale a effectué l’achat d’un fourgon en 1982. L’ancien entrepôt qui se trouvait au presbytère a été remplacé en 1984 par un local flambant neuf. En 1993 l’acquisition d’un F.P.T qui a été entièrement re-conditionné par les sapeurs pompiers.

 

 

 

 

           

La Religion

 

Située dans le cimetière, l’église primitive de Mailly avait été solidement bâtie en grés et était l’objet d’un pèlerinage très suivi en l’honneur de St Antoine et de St Léger. Plus tard, St Antoine fut transféré dans la nouvelle église du bourg, et St Léger échut au hameau de Beaussart dont il devint le patron. Le Château-fort élevé par les seigneurs de Mailly sur le haut de la colline ne tarda pas à enfermer dans ses murs, une chapelle élevée sous le vocable de St Pierre. Bâtie, d’après plusieurs écrivains, vers l’an 1100, elle devint le siége de la paroisse. En partie dévastée en 1470, lors de la prise du château par le comte de Romont, elle fut réparée par les soins et la munificence des seigneurs de Mailly. Vers 1495, elle fut remplacée par une belle et grande église en forme de croix grecque dont il reste de nos jours quelques beaux vestiges. La construction de ce vaste édifice fut un acte de munificence de la part de Jean IV de Mailly, chambellan des rois Louis XI et Charles VIII, et d’Isabeau d’Ailly, qui y employèrent une partie de leur fortune. M. l’abbé Decagny en a fait une savante description à laquelle nous empruntons les détails suivants :

 

« C’était un monument aussi distingué par ses vastes dimensions que par l’élégance de son architecture gothique, à en juger d’après la marque des arceaux. Le chœur haut, spacieux, orné d’une riche galerie intérieure, se plongeait, quatorze mètres plus loin à l’orient, jusqu’au milieu du jardin du presbytère de la rue voisine, et la tour du clocher, couronnée par une arcature distinguée, avait aussi bien plus d’élévation. »

 

            Victime d’une vengeance à la mort de Jean de Wert, qui, après avoir dévasté Forceville en 1636, vint à Mailly où l’un de ses soldats fut assassiné, l’église de Mailly vit fondre sur elle une calamité plus déplorable en 1663. Un violent incendie, qui consuma le château, la commune et même les bois environnants, la réduisit presque entièrement en cendres. Quelques piliers, la voûte entière du clocher et le magnifique portail de l’ancien édifice, échappèrent seuls à cet immense désastre.